ناجي العلي في الذكرى 15 لرحيلة - عبد الرحيم صمادح

 
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A l'occasion du 15ème anniversaire de la mort de Naji El-Ali
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Le démasqueur frappé en plein visage
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Parcours dramatique d'un artiste militant
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En1987, Naji El-Ali habitait avec sa femme et ses quatre enfants au sud de Londres. Le mercredi 22 juilIet de la même année, alors qu'il allait travailler au bureau du journal Al-Quds, Naji El-Ali a été frappé d'une balle en plein visage tirée à bout portant par un tireur isolé. Après cinq semaines dans le coma, il succomba à l'âge de 51 ans. Il avait été prévenu par un coup de téléphone d'un ami, membre de l'OLP, que sa vie était en danger. L'appel, environ deux semaines avant sa mort, est venu après la publication par Naji d'une caricature célèbre qui stigmatisait une DAME en relation avec une importante personnalité palestinienne Très Haut Placée.
C'était la fin dramatique de la vie d'un homme et grand artiste militant dont l'action était vouée à la cause palestinienne et arabe. Il n'hésitait pas, à travers ses dessins sarcastiques et humoristiques, de dire les quatre vérités à la plupart des tenants et dirigeants de la place, insouciant des suites qu'il peut encourir, ce qui fut fait ce mercredi fatal de juillet 1987.
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Entre camp et  prison
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Bien que la date exacte de la naissance de Naji El-Ali parait incertaine, il est né en 1936 ou 1937 au village d'Al-Shajara en Galilée. Il a quitté la Palestine avec sa famille en 1948, suite à la "Nakba",  pour vivre au sud de Liban au camp des réfugiés Palestiniens d'Ein-Al-Helwe. A la fin des années 50 le poète Gassan El-Kanafani a découvert le talent de Naji au cours d'une visite à ce camp et l'a encouragé. " J'ai commencé à utiliser le dessin comme une forme d'expression politique dans les prisons libanaises où j'ai été détenu par les services de sécurité par suite des mesures que ces services entreprenaient pour contenir les activités politiques dans les camps palestiniens pendant les années soixante. Je dessinais sur les murs de la prison.  Par la suite, Ghassan Kanafani a vu ces dessins et m'a encouragé à continuer, en publiant quelques-unes de mes caricatures à la revue libanaise Al-Huria."
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Au royaume de l'exil
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Naji El-Ali a développé un style rigide et symbolique. Non lié avec aucun parti politique, il s'est efforcé de s'adresser aux gens Arabes ordinaires. Sa vie était essentiellement liée à celle des Palestiniens exilés. Fuyant la censure et les menaces il a vécu la majeure partie de sa vie en exil, surtout entre Beyrouth et Koweït. Les deux dernières années de sa vie, il les a passées à Londres.
Au début des années 60, il s'est joint à l'Institut d'Art au Liban, mais a interrompu ses études pour travailler au Koweït dans la revue Al-Taliâa'. J'ai fui au Koweït, dit-il, parce qu'à ce moment-là, une  marge de liberté existait qui me permettait de m'épanouir et créer. Là mes caricatures ont tourné autour des maux, dangers et menaces qui guettaient le Monde Arabe".
En 1970 il retourna à Beyrouth et entra au Comité de rédaction du journal Libanais As-Safir: "La période qu j'ai passé au journal As-Safir était la meilleure partie de ma vie, et la plus productive. Là, entouré par la violence armée civile, puis l'invasion Israélienne, j'affrontais cette réalité quotidiennement avec mon crayon. Je n'ai jamais senti la peur, l'échec ou le désespoir, ni accepté de rendre mon "arme". J'ai affronté la violence et la bêtise avec des caricatures embellies de fleurs. Oui, l'espoir est essentiel. Mon travail à Beyrouth m'a rapproché encore plus des réfugiés dans les camps, des pauvres et des harcelés ".
Les Israéliens ont envahi le Liban en 1982. Craignant les menaces Phalangistes sur sa vie, Naji El-Ali est revenu au Koweït en 1983 et a travaillé dans AI-Qabas . En octobre 1985 il a été expulsé du Koweït par pression de l'OLP, mais a continué à travailler pour le même journal à Londres en plus de sa contribution au journal AI-Khalij.
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Action et désillusion
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Peu de régimes ou groupes politiques dans la région ont échappé à ses dessins satiriques. Ses caricatures exprimaient la lutte amère et la situation critique des Palestiniens sous l'occupation et l'oppression Israélienne, tout en faisant également campagne contre la corruption, l'absence de démocratie,  et les inégalités. "Quand j'étais plus jeune, disait-il amèrement, je pensais que je serais réellement capable de contribuer à réaliser nos aspirations pour l'indépendance, l'unité et la justice. "
En effet les caricatures de Naji El-Ali étaient incroyablement efficaces - et souvent offensives. La fin tragique de cet artiste génial  doublé d'un militant, en dit beaucoup sur le sort de ceux qui tentent de défier des réalités aussi inextricables et irrationnelles que celles vécues au Monde Arabe et qui, au lieu de diminuer, ne font malheureusement qu'empirer.
Enfin, heureusement ou malheureusement  pour Naji  et son ami Handhala qu'ils soient partis sans assister à la situation "caricaturale" actuelle du Monde Arabe, qui faisait en partie "rire", mais qui ne fait plus que pleurer.
                                                                    

 

Smadah Abderrahim
 

ولقد عثرنا على الكاريكاتير الذي أودى بحياة ناجي العلي

حيثيات اغتيال ناجي العلي

المصدر مجلة عرب تايمز

 

 

 

 

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